Glossaire VSME : les mots du reporting de durabilité
Scope 3, annexe II, plafond de la chaîne de valeur, taux d’accidents… Les demandes de vos clients emploient un vocabulaire précis. Voici les 38 termes que rencontre une PME qui prépare son rapport de durabilité selon la norme volontaire VS (ex-VSME), expliqués en quelques lignes et à jour du règlement délégué (UE) 2026/1560.
- CSRD
Corporate Sustainability Reporting Directive, directive (UE) 2022/2464. Elle impose un rapport de durabilité aux grandes entreprises. Depuis la directive Omnibus I, seules les entreprises de plus de 1 000 salariés et plus de 450 M€ de chiffre d’affaires y restent soumises. Les PME n’y sont pas soumises directement, mais leurs clients le sont.
Calendrier CSRD pour les PME fournisseurs- Directive Omnibus I
Directive (UE) 2026/470, publiée le 26 février 2026 et entrée en vigueur le 18 mars 2026. Elle a réduit le champ de la CSRD et créé le plafond de la chaîne de valeur, qui protège les fournisseurs de 1 000 salariés ou moins contre les demandes excessives.
Omnibus I : ce qui change pour les PME- EFRAG
Organisme consultatif européen chargé de préparer les normes de reporting de durabilité pour la Commission européenne. Il a élaboré les ESRS et la norme VSME.
- ESRS
European Sustainability Reporting Standards : les normes de reporting détaillées qu’appliquent les entreprises soumises à la CSRD. Elles sont bien plus lourdes que la norme volontaire destinée aux PME.
- VSME
Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs : la norme de reporting volontaire pour les PME non cotées, publiée par l’EFRAG le 17 décembre 2024 puis recommandée par la Commission européenne (recommandation (UE) 2025/1710). Elle est aujourd’hui reprise dans la norme volontaire VS.
Guide complet de la norme VSME- VS (norme volontaire)
Nouveau nom de la VSME depuis le règlement délégué (UE) 2026/1560 du 3 juillet 2026, publié au Journal officiel le 21 septembre 2026 et en vigueur depuis le 24 septembre 2026. On écrit souvent « VS (ex-VSME) ». C’est la référence que vos clients soumis à la CSRD peuvent utiliser pour cadrer leurs demandes.
Ce que change le règlement 2026/1560- Plafond de la chaîne de valeur
En anglais « value chain cap ». Une entreprise soumise à la CSRD ne peut pas exiger d’un fournisseur de 1 000 salariés ou moins plus d’informations que ce que prévoit la norme volontaire VS. Il s’applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027.
Ce que votre client peut (et ne peut pas) exiger- Annexe II
Liste des informations qu’un client soumis à la CSRD peut exiger d’un fournisseur au titre du plafond. Jusqu’à 10 salariés : B1, B8, B9 et B10. Au-delà de 10 salariés : B1, B3, B6, B7, B8, B9, B10, plus C1, C5, C6 et C7 du module complet.
Vérifier ce que votre client peut exiger de vous
- Module de base
Le socle de la norme volontaire : onze indicateurs, de B1 (base de préparation) à B11 (condamnations et amendes pour corruption), soit environ 46 points de données sur l’énergie, les émissions, l’eau, les déchets, l’effectif, la sécurité, la rémunération et l’éthique.
Voir un exemple de rapport complet- Module complet
Indicateurs complémentaires C1 à C9 : modèle économique, stratégie, politiques, cibles, droits humains, etc. Il est facultatif, sauf les indicateurs C1, C5, C6 et C7 qu’un client peut exiger d’un fournisseur de plus de 10 salariés.
- Option A / option B
Le choix déclaré dans B1. Option A : module de base seul. Option B : module de base et module complet. Un rapport limité au module de base, complété des seuls indicateurs de l’annexe II, relève de l’option A.
- Base individuelle ou consolidée
Indique si le rapport porte sur l’entreprise seule (base individuelle) ou sur l’entreprise et ses filiales (base consolidée). Dans le second cas, la liste des filiales et leur siège doivent être indiqués.
- Déclaration de conformité
Mention explicite, dans B1, que le rapport a été établi conformément à la norme volontaire, en précisant l’option retenue.
- Information omise
La norme permet d’omettre une information qui n’est pas applicable ou pas disponible, à condition de le signaler. Une case vide n’est pas une non-conformité si elle est expliquée.
- GES (gaz à effet de serre)
Gaz qui contribuent au réchauffement climatique : dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote, etc. Leurs émissions sont exprimées en tonnes équivalent CO₂.
- tCO₂e
Tonne équivalent CO₂ : unité commune qui convertit chaque gaz à effet de serre selon son pouvoir de réchauffement, pour pouvoir les additionner.
- Scope 1
Émissions directes de l’entreprise : combustion de gaz, de fioul ou de carburant dans ses installations et ses véhicules.
- Scope 2
Émissions indirectes liées à l’énergie achetée, principalement l’électricité et le chauffage urbain. Le module B3 demande les scopes 1 et 2.
- Scope 3
Toutes les autres émissions indirectes de la chaîne de valeur, réparties en 15 catégories (achats, transport, déplacements, utilisation des produits…). Vos scopes 1 et 2 alimentent le scope 3 de vos clients.
- Méthode location-based
Calcul des émissions du scope 2 avec le facteur moyen du réseau électrique du pays, quel que soit le contrat de fourniture. La méthode market-based, elle, tient compte du contrat (offre verte, garanties d’origine).
- Facteur d’émission
Coefficient qui convertit une donnée d’activité (kWh, litres, kilomètres…) en émissions de GES. Exemple : des kWh d’électricité multipliés par le facteur du réseau français donnent des kgCO₂e.
- Base Carbone de l’ADEME
Base publique française de facteurs d’émission, tenue par l’ADEME. C’est la référence utilisée en France pour calculer les émissions d’une entreprise ; la version utilisée doit être citée dans le rapport.
- Méthode des dépenses
Estimation des émissions à partir des montants dépensés (euros) plutôt que des quantités consommées. Rapide, mais approximative : elle sert surtout à un premier ordre de grandeur, en particulier pour le scope 3.
- Intensité GES
Émissions rapportées à l’activité, généralement en tCO₂e par million d’euros de chiffre d’affaires. Elle permet de comparer des entreprises de tailles différentes.
- BEGES
Bilan d’émissions de gaz à effet de serre réglementaire, obligatoire en France pour les entreprises de plus de 500 salariés en métropole. Il ne remplace pas le rapport VSME, mais ses chiffres peuvent l’alimenter.
- RSE / ESG
RSE : responsabilité sociétale des entreprises, la démarche. ESG : environnement, social et gouvernance, les trois familles de critères qui servent à la mesurer. Un rapport VSME couvre les trois.
- Donneur d’ordre
Le client, souvent une grande entreprise, qui achète vos produits ou services et vous transmet ses demandes de données de durabilité pour son propre reporting.
- Questionnaire ESG
Formulaire qu’un client envoie à ses fournisseurs pour collecter leurs données de durabilité. Un rapport VSME permet d’y répondre à partir de chiffres déjà établis.
Que répondre au questionnaire ESG d’un client- EcoVadis
Plateforme privée d’évaluation de la durabilité des fournisseurs, qui attribue un score. Elle intègre la norme volontaire (« Voluntary Standard (VS/VSME) ») à son analyse au titre du reporting ; un rapport ne remplace pas l’évaluation elle-même.
VSME ou EcoVadis : la différence- Portail RSE
Service public gratuit de l’État pour remplir sa norme VS en ligne, porté par la Direction générale des entreprises, Bpifrance et Les entreprises s’engagent. L’entreprise y saisit elle-même ses données, émissions comprises.
Portail RSE ou rapport clé en main
Vous connaissez les termes. Nous produisons le rapport.
Vous répondez à un questionnaire d’environ 20 minutes, nous calculons vos émissions avec la Base Carbone de l’ADEME et produisons votre rapport VS (ex-VSME), aux chiffres contrôlés automatiquement, livré en quelques minutes en PDF, en version Word modifiable et au format Excel de l’EFRAG. 690 €, TVA non applicable (art. 293 B du CGI).
Équivalent temps plein : effectif exprimé en postes à temps complet (deux mi-temps comptent pour 1 ETP). B1 et B8 acceptent l’effectif ou les ETP, à condition de préciser lequel.
Accident lié au travail ayant entraîné un décès, un arrêt de travail, un aménagement ou un changement de poste, des soins au-delà des premiers secours ou une perte de connaissance. Les blessures traitées par de simples premiers secours ne comptent pas.
Demandé par B9. Nombre d’accidents comptabilisables divisé par le nombre d’heures travaillées, multiplié par 200 000, soit le nombre d’accidents pour 100 salariés à temps plein sur un an. Exemple : 2 accidents pour 40 000 heures donnent un taux de 10.
Indicateur C5 : nombre de salariés ayant quitté l’entreprise sur la période, rapporté à l’effectif moyen (moyenne de l’effectif en début et en fin de période, selon la méthode de l’EFRAG). Exigible d’un fournisseur de plus de 10 salariés.
Part des salariés couverts par une convention collective, demandée par B10. En France, elle est souvent proche de 100 % puisque la plupart des branches ont une convention étendue.
Indicateur C6 : l’entreprise indique si elle dispose d’un code de conduite ou d’une politique en matière de droits de l’homme pour son personnel, et quels sujets il couvre (travail des enfants, travail forcé, discrimination…).
Indicateur C6 : dispositif permettant aux salariés de signaler un problème (référent, adresse dédiée, procédure d’alerte). La norme demande seulement s’il existe.
Indicateur C7 : cas confirmé d’atteinte aux droits humains (travail des enfants, travail forcé, discrimination…), au sein du personnel ou dans la chaîne de valeur, au cours de la période.